Roland Lecoint, amateur de mots et de poésie, en propose ici des bouquets originaux. Il les cueille au vent de ses propres écrits ou de son atelier d’écriture de Jurançon, mais aussi chez les auteurs connus. N’hésitez pas à commenter, répondre et suggérer…
Avant la pause d’été, ce quinzième bulletin se devait de célébrer la fête de la musique. Alors, place aux plumes imaginatives et musicales de notre atelier d’écriture de Jurançon. Vous constaterez que la diversité y fait bon ménage avec l’humour, l’originalité et la qualité.
Et vous ? D’ici la rentrée de septembre, rejoignez-nous. Rejoignez-nous déjà sur cette chronique et, mieux encore, à l’atelier lui-même, chaque mercredi soir. Tous renseignements via motsetrabots@yahoo.fr !
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Une famille d’instruments
(Carole-Pau)
Les instruments dans le vent,
La musique dans les cordes,
Inventons une histoire,
L’histoire des instruments…
Ma grand-mère est la contrebasse,
Mon grand-père est le piano.
Tous deux m’ont appris le jazz.
Ma mère, la guitare,
Mon père, le violon.
La douce main de ma mère :
ses caresses,
L’archet grinçant de mon père :
ses menaces…
Mon frère est l’harmonica,
Ma sœur est la flûte.
Tous deux me narguent !
L’instrument porté à leur bouche,
ils m’intiment silence,
et moi, la voix, je continue de chanter
pour accompagner les musiciens !
Les instruments dans le vent,
La musique dans les cordes,
C’était une histoire de famille :
la famille des instruments…
Â
Syndrome de Florence
(Eric- Jurançon)
Par ce joli texte de Eric, une guitare rend hommage à son amoureux et complice de guitariste.
Parfois un touriste à Florence reçoit, en artiste, l’opulence des monuments visités.
Des sentiments trop denses s’accumulent.
L’intensité bouscule, trouble les sens du voyageur, pris de démence devant tant de beautés.
Comme le voyageur à Florence, moi ta guitare,
en présence de mélodies, carrousels enlacés, je bondis.
J’appelle tes doigts calabrais.
Avec nos airs andalous, je chancelle.
Ton récital de Florence ensorcelle
pique le mental, à en perdre la pensée.
La logique du syndrome se révèle.
Ton public s’embaume à en sombrer.
Et, moi, pourtant, je résonne
pour ce que tes mains ordonnent,
Hombre.
Comme le voyageur à Florence par l’émotion submergé,
ils vident les larmes de l’enfance, tes trémolos délicats. Effleurés, ils fusent de mon âme ébranlée
en rosace de sons étoilés. Ma table d’harmonie les fait pleurer.
Un cortège de notes fines se propage en arpèges d’étamines. Ton langage, ta musique dans ma bouche résonnent. Je réplique ce que tes doigts ordonnent,
Hombre.
Comme le voyageur à Florence reste sans voix, fait silence devant Michel-Ange,
Enchantée, la salle se tait pour ton golpe. Ton fandango chante douze pieds qui dansent et les font frissonner.
Ta fille en méandres, mains aux hanches se vrille.
Sa tendre flamme blanche, Â son chant les touche comme un baiser.
Comme inspirée, je résonne pour tous vos talents bien accordés en ce rythme que tu me donnes, Hombre
Tu t’inclines, tu m’écoutes. Tu me câlines, tu m’envoûtes.
Comme le voyageur à Florence, j’entends ton art, tes confidences, moi, ta guitare.
En dépendance pour ta musique, pour tes déclics, andante, je chante cette supplique:
« Prends donc mon manche du chevalet,  écris, étanche ta muse préférée ;
Ecris, et qu’on diffuse à ton public : c’est dans nos cordes de composer !
Pour que j’aborde cette musique que je mérite, fais-moi flipper !
Pour l’historique de ces beautés, nos sons uniques sont à graver. Ce sera féerique,
Hombre !
A Ramon Sanchez , ta guitare « Indépédencia », devant tant de beautés.
Â
Ludwig van Beethoven
(Jean François - Pau)
J'aime bien écouter Beethoven
le soir
seul dans ma chambre.
Pas un casse pieds
pas un traîne savates
à l'horizon.
Le pied.
Les notes coulent
dans mon cerveau
comme du jurançon
dans ma gorge.
Je hume l'air du temps.
Je pense à ce grand homme
sourd et pourtant génial
et qui préférait un arbre
à un homme. Et oui, les amis
un arbre ça vous porte
les amis ça vous pompe
le portefeuille… ou l’air.Â
Bach m'amuse bien aussi
ainsi que Vivaldi et Mozart
enfin tous les compositeurs
ayant un peu de talent
La bonne musique
c'est comme un bon jurançon.
On ne peut plus s'en passer
quand on y a goûté.
Toc, toc, toc
qui toque à ma porte encore ?
Je ne suis là pour personne
Mince ! Si je ne peux plus écouter
Beethoven tranquille
le soir
Â
La musique et moiÂ
(Roland - Jurançon)
Il me suffit d’une trompette
Lançant au creux des nues un rythme de l’Afrique
Mélopée envoûtante dans son élan magique
Pour que la nuit soudain s’arrête.
En virtuose, le piano
Appelle la basse fidèle.
Puis la batterie un peu rebelle
Les accompagne crescendo.
Et la musique emportant tout
Tire joyeux dans son sillage
Mes rêves jaunis de voyage
ces pays lointains et fous.
Lorsque le swing tout endiablé
Fait se dresser son auditoire
Me revient la douceur des soirs
Que nous avons tous deux aimés.
Et quand la nuit se peint de bleu
Aux accents du saxo triste
C’est la mélancolie qui sur la piste
Me fait tout doucement clore les yeux.
Musique
(Sebastien -Â Pau)Â
L’ami Sébastien, toujours créatif, démontre ici que l’on peut tout à fait écrire en se passant des verbes.
La musique avec des mots ? Les syllabes comme des notes. Pourquoi pas ? Des sons avec des tonneaux. Des coups dessus en rythme. Ou des moteurs de motos comme instruments spéciaux. D'accord ou pas, voilà du bon son.
Mais plus loin, quoi ? Des ordinateurs, les écrans plein d'images en mouvement. Encore autre chose, ça ! Son analogique contre son numérique, voisins pour cette nuit. Tout ça au bord du trottoir pour le plaisir de chacun, la surprise de chacune et vice et versa.
Ah, des gens ! Et nombreux, pour cette fois-la et les autres fêtes avant. Des coups pour les gosiers, les oreilles attentives à l'environnement musical. Après, l'autre côté du trottoir aussi, des trucs bizarres.
Trois notes à l'infini toujours les mêmes. Une Å“uvre minimaliste et surprenante dans cette ville de province. Derrière, une machine orchestre. Toute seule et spectaculaire. Régulièrement, les tintements et cordes musicales comme une horloge.Â
Un bal sur la place de Jurançon, enfin. Normal pour les amoureux et amoureuses des corps et des notes. Maintenant, après tous les spots spectaculaires, au dodo !Â
Â




Commentaires
Le Goff Jean-Fr... (non vérifié)
ven, 22/06/2012 - 01:43
PermalienLa fraternité
Ma Neuvième Symphonie
ô dieu céleste père tout puissant
que chaque créature soit fraternelle
sous les étoiles du ciel infini
myriades de constellations
écoute ma Neuvième Symphonie
douze ans de composition
qu'elle brille au firmament
univers parfait tendre père
ô joie immense Schiller
ton poème magique
enivre nos chères âmes
enlacées magnifiques
hommes soyez fraternels
que ma musique vous unisse
dans un élan immense
que l'hymne à la joie soit
fêté partout chanté
autour de la terre
unie sans frontière
millions de frères
Lecoint Roland (non vérifié)
dim, 24/06/2012 - 09:11
PermalienJoli poème "A la Joie"
Bravo, Jean Christophe pour ce poème. Il est lyrique à souhait mais il porte aussi bien du sens Car il est bien vrai que cet "Hymne à la Joie" mériterait d'être plus souvent "décliné" concrètement, dans diverses manifestations culturelles. C'est d'abord un beau poème, en effet, écrit par F. Schiller et repris par Beethoven dans sa 9e symphonie. Cette Ode à la Joie chante la paix et l'amour, la fraternité et la joie. Or tout ceci n'est-il pas indissociable de la culture en général et de toutes les formes d'expression artistiques en particulier ?
JP falconnet (non vérifié)
jeu, 28/06/2012 - 17:50
Permaliena la joie
c' est aussi, si je ne m' abuse , l' hymne européen. salut à toi Roland, comme tu vois je fais des efforts.
Roland (non vérifié)
mar, 31/07/2012 - 13:57
PermalienWaouuh, la surprise !
Rentré de vacances, je découvre ici.... devinez quoi ? les mots de Jean Pierre !! un vieil ami de plus de 40 ans ( pas lui ! Non. Notre amitié ! Vous le voyez, c'est du massif, donc ! )
Et il n'a pas désappris à écrire, le Johny !
Bravo, JPF !